Runner Life

Philippe Billard l'homme qui va courir 6 jours sur tapis.

18 Février 2014 , Rédigé par Runner life Publié dans #interview

J'ai la chance d'avoir dans mes contacts Philippe Billard ce nom ne vous dit peut-être rien pourtant cette personne et un mordu d'ultra. Il est même le directeur d'ultra Mag. Il a déjà fait deux courses de 6 jours sur tapis en 2011 et a décidé de remettre ça en 2014. Je voulais donc savoir d'où lui venait cette envie, motivation, ... Je lui ai donc posé quelques questions pour en savoir plus.

Philippe Billard l'homme qui va courir 6 jours sur tapis.

Peux-tu nous faire une petite présentation?
Petite ?

Ce n'est pas mon genre mais je vais quand même essayer de faire court. Donc je m’appelle Philippe Billard, j’ai 42 ans, j’adore les extrêmes, mais j’aime surtout vivre les extrêmes. Extrêmement calme ou extrêmement dingue, si possible. J’ai couru une centaine d’ultras depuis 2002, un peu de tous les types. Et pour finir de faire court, j’ai la fierté d’avoir créé la communauté Ultrafondus il y a une dizaine d’années, qui existe encore et qui aujourd’hui s’exprime à travers ultra Mag…


Quand a tu commencer à courir et pourquoi la course à pied?


Vers 15 ans, les premiers footings… un par an… et puis vers 18 ans, ne manière plus régulière, surtout parce que je ne pouvais plus nager faute de piscine à proximité. La course à pied, ça m’a toujours plu sans que je sache dire pourquoi. Sans doute au départ cette sensation de liberté, le goût de l’autonomie et l’idée présentent dès mes débuts qu’on pouvait aller très très loin en courant. Je ne me doutais pas à quel point.
Ton objectif 2014 est de courir 6 jours sur tapis. Comment a tu eu cette idée assez folle ?
J’en ai fait deux en 2011 avec mon pote Michaël Micaletti. Pour moi, c’était surtout des tests de dégustation. Et pour le coup j’ai bien dégusté. Puis la création d’ultra Mag m’a pris un peu de temps, mais j’ai toujours conservé l’envie de recommencer, simplement parce que les 6 jours, et sa préparation, sont une occasion unique de s’inspecter de l’intérieur, de devenir hyper-réceptif à ses sensations. C’est un autre monde. L’idée ne me semble pas folle, j’ai juste l’impression d’avoir développé une compétence particulière, une énorme envie de courir des 6 jours. J’aime bien tourner en rond, j’aime bien faire du surplace, et par-dessus tout, j’aime bien faire des trucs qui paraissent inutiles en surface, mais qui modifient au bout du compte profondément les gens qui s’y essaient.

 

 

Combien de temps de repos te fixes tu par jour et combien de kilomètres vises-tu en objectif ?

Dans l’idéal, il faudrait que je dorme moins de 3 heures par 24 heures et que j’arrive à courir entre 17 et 18 heures. Mon objectif dépendra des séances test que j’organise chaque mois. Il s’agit de 24 heures « façon 6 jours », puis en mars et avril, je ferai deux fois deux jours, pour simuler les deux premiers jours des 6 jours… C’est clair ce que je dis là ? Bref, mon premier 24 heures test en novembre m’a amené à 100 km, le deuxième, le mois dernier, à 130 km, et celui du week-end prochain, entre 150 et 170 km. Ces tests sont un peu comme des apnées. Je vais de plus en plus profond et j’observe comment mon organisme réagi. Je me prépare physiquement à supporter la charge et mentalement à croire que c’est possible. Si les 170 passent bien, mon objectif fin mai devrait être de 850 ou 900 km. Sinon, m’approcher des 700 serait déjà une belle victoire. A moins de 600 km… non, je ne me mettrai pas au tricot ! Je continuerai les 6 jours jusqu’à ce qu’un jour je claque les 1000 bornes !

Comment vas-tu occuper ton esprit durant ces 6 jours en courant ? (Musique, télé…)

Ma première distraction, c’est moi. Il se passe beaucoup de choses dans un cerveau, dans un corps, et surtout dans les interactions entre les deux. Courir aussi longtemps suppose qu’on soit en prise constante et directe avec sa propre réalité psychique et physique. En clair, tu dois avoir une perception très fine de ton corps et de ton esprit pour toujours être au bon rythme, celui qui va te permettre de finir, et si possible de finir en bon état. Cela dit, on a souvent aussi un besoin de s’évader dans autre chose et en effet, la musique peut aider. Je sais également que je vais « m’hypnotiser » avec l’analyse en continu de tout un tas d’indicateurs tels que la cadence de pas, l’évolution du kilométrage, le temps passé à courir, le nombre de pas, le nombre de litres d’eau ingérés, etc. Je suis un peu comme un pilote de ligne à bord d’un avion qu’il faut amener le plus loin possible. Tout doit être parfait, les chiffres et les données me serviront de relais hypnotique.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton équipement pour ce défi ? (chaussures, tapis, alimentation,...)

Ce défi se passe dans la boutique Holiste, qui conçoit, fabrique et distribue le bol d’air jacquier. C’est un appareil de médecine douce, qui pulse un air chargé d’huile essentielle de résine de pin bio peroxydé, dont les molécules vont se comporter comme des super transporteurs d’oxygène. Il s’agit bien sûr d’un procédé non dopant, qu’on peut assimiler à un complément alimentaire, sauf qu’on le respire, et dont les effets intéressants au niveau sportif sont : dégagement des voies respiratoires, diminution de l’acidité de l’organisme, optimisation de la récupération. Les chaussures que j’utiliserai seront des Altra (http://www.altrazerodrop.fr) C’est une marque américaine qui a introduit le concept de zéro drop avec amorti, ce qui signifie que le pied se pose à plat, comme lors de la foulée naturelle. J’ai déjà couru plus de 1000 km avec depuis novembre dernier et je suis conquis, après des années de Mizuno. Elles sont confortables avec leur large espace pour les orteils et leur chaussant parfait pour moi. C’est la première fois que je pense aussi peu à mes chaussures en courant. Le tapis que j’utilise au quotidien est un Nordictrack T15.0. Un chiffres parlés mieux qu’un long discours : 2000 km. C’est la distance que j’ai couru dessus, incluant des 6 jours. En le connectant au système fit de gestion des séances via internet, je peux débloquer le rupteur qui coupe le tapis à 1 h 40 minutes de fonctionnement. J’ai ainsi pu vérifier que mon joujou pouvait tenir 7 heures à 9 km/h et moi dessus sans montrer de signes de fatigue. BV Sport est également incontournable, avec ses manchons de compression facilitant le retour veineux, ses cuissards pour éviter les microtraumatismes musculaires dans les cuisses, et les chaussettes de récupération que je mets après les entraînements longs et que je mettrai pendant les plus longues pauses des 6 jours. Au niveau alimentation, rien de particulier. Je mange très peu pour l’instant et je pense suivre cette logique aussi durant les 6 jours. Éventuellement quelques compléments alimentaires pour apport de protéines et d’oligo-éléments, mais le but est quand même d’éviter de trop charger l’estomac pour ne pas tomber de fatigue ou dépenser de l’énergie inutilement.

 

Philippe Billard l'homme qui va courir 6 jours sur tapis.

Ton lieu idéal pour courir ?

Le tapis, l'extérieur (route, nature,..) mon lieu idéal pour courir, c’est ma tête. Parfois ma tête se contente très bien d’un tapis et d’un paysage extérieur qui n’évolue pas. Dans ce cas-là, elle m’emmène dans des mondes connus de moi seul, dans un imaginaire parfois baroque, parfois simple comme un trait noir sur une feuille blanche. Et puis à d’autres moments, j’aime les grands paysages, ou sentir le bitume sous mes pas, ou encore dire bonjour aux vaches… Ce que j’aime, c’est ma capacité à aimer n’importe quelle condition et situation de course.

Tu es également directeur d'Ultra Mag peut tu nous en dire un peu plus sur ton magazine et sur le futur numéro?

Ultra Mag, c’est un peu le magazine que je rêve de lire depuis des années. Un magazine qui en compte cinq, de 250 pages, qui n’a peur de rien, qui peut décider d’aborder tous les sujets, du plus insolite au plus érudit, du plus basique au plus extrême, et qui pousse tous les curseurs à fond. Je crois que tout est dit dans notre slogan : « le sport de zéro à l’infini ». Dans le prochain numéro, un Grand angle spécial Sotchi (à notre façon), une interview d’Étienne Klein, physicien, philosophe, écrivain, est ultratrailer, cinq dossiers exclusifs tels que « comment lire une étiquette ? » ou un autre sur le mentalisme, ou comment utiliser son cerveau pour aller plus loin. Ce magazine est impossible à résumer. Il est lisible absolument par tout le monde.

Le mot de la fin ?

Merci ! (version courte) et pour la version un peu plus longue : J’ai super hâte de me retrouver dans cette alchimie des 6 jours car c’est toujours un moment exceptionnellement dense physiquement, intellectuellement, émotionnellement.
 

Pour ceux qui désirent le suivre dans cette aventure assez folle voici son blog ;

 

 
 
 
Je tiens à  remercier Philippe d'avoir répondu à ma sollicitationC'est un moment agréable à pouvoir partager avec une personne de ton niveau. MERCI et bon courage pour ton défi.
 

 

 

Partager cet article

Commenter cet article

Fire Rasta 19/02/2014 06:30

Génial cet article façon interview! Courir 6 jours sur un tapis....monstrueux!!

Zste 21/02/2014 11:09

Un poil pathologique, aussi.

19/02/2014 08:21

Oui comme tu dit monstrueux!!!