Du pain sur les Planches au marathon de Deauville !

20 Novembre 2019 , Rédigé par Runner Life Publié dans #marathon

Une fois n'est pas coutume ce n'est pas moi qui vais vous faire un compte rendu de course. Une première sur le blog ! En effet j'avais un dossard pour le marathon de Deauville et malheureusement je ne pouvais y aller. Dans le même temps Carole (ex lapin runner) recherchait un dossard voici donc son récit sur cette première édition : 

J-1

Emir et moi arrivons à Deauville à 15h00.

Après un rapide tour de notre studio d’un jour situé en plein centre-ville dans une maison à colombages, nous rejoignons le gymnase André Maurois où a lieu le retrait des dossards.

Le pack coureur est composé d’un t-shirt à manches longues, d’une Clif Bar (partenaire de l’événement), d’échantillons Baume du tigre et des habituels prospectus.

Nous passons faire un coucou à Vincent Dogna et Florence au stand Art & Run et en profitons pour contempler la nouvelle toile de l’artiste à l’effigie du marathon de Deauville : « ChaBaDaBaDa ».

Je fais part à Vincent de mon projet : en cas de RP, je lui achèterai un tirage d’art. (On appelle tirage d’art, une représentation photographique d’un tableau, imprimé en un nombre d’exemplaires limité)

Passée la remise des dossards, Emir et moi nous promenons sur les Planches, commentons les noms des acteurs/réalisateurs peints sur les lices des cabines de bain : « tu le connais lui ? » « Son nom me dit quelque chose ! ». Nous nous questionnons sur la manière dont sont sélectionnés les personnalités. Y a-t-il un comité qui se réunit tous les ans pour décider des acteurs/réalisateurs à effacer/remplacer sur les lices ? (je pense notamment à Harvey Weinstein qui n’y figure vraisemblablement plus). Est-ce que ces cabines de bain leur appartiennent ? Autant de questions restées sans réponse.

Je suis en pleine contemplation devant les immenses bâtisses à proximité de la plage.

19h00 : Nous faisons nos sauvages et optons pour un dîner en tête à tête dans l’appart pour éviter les frais d’un resto, maîtriser ce que l’on mange, à savoir la composition de notre repart et SURTOUT les portions ! Les veilles de marathon, nous ne lésinons pas sur les quantités et en général, elles ne correspondent pas aux standards des restos.

Au menu nous préparons : une pasta party à base de pâtes de riz avec des brocolis, sauce pesto, et PST (protéines de soja texturées). Un régal !

J-J

Lever à 7h30, Clif Bar engloutie trèèèès lentement à 8h00 pour éviter tout problème de digestion. Je n’ai pas l’habitude de manger le matin d’un marathon mais aujourd’hui, je sens que j’en aurai besoin.

Nous quittons notre appart à 8h50 pour un départ à 9h30. Nous regagnons les sas des 3h30 sans difficulté.

Un échauffement est organisé. Je n’ai jamais trop aimé les échauffements. J’ai l’impression de me fatiguer inutilement avant de courir.

C’est ensuite au tour d’une chanteuse lyrique de nous interpréter la Marseillaise. C’est de toute beauté.

 

LA COURSE

Le départ est lancé.

Dès le début, nous faisons face à de gros ralentissements. Au bas mot, 5 ralentissement. Je piétine et songe : « c’est vraiment très mal barré pour faire un RP ! ».

Emir se rend compte que les embouteillages sont dus à la « foule » de coureurs qui collent les deux meneurs d’allure 3h30. En effet, devant eux, le trafic est beaucoup plus fluide.

Mes sensations du jour sont excellentes. Cardio OK. Jambes OK. Mental OK. Digestion OK.

Les chemins que nous empruntons sont des routes de campagne, pas très larges, et bordées d’arbres. Lesdites routes sont « domées » : en courant sur les côtés, tu prends le risque de te faire mal aux chevilles.

Aux environs du 18e km, j’aperçois devant moi une carrure qui m’est familière. Tout de rose vêtu, cela ne peut être que lui : Philippe The Pink Running man ! Je le double au ravito du 20e, avant d’amorcer la première vraie côte de la course tandis que Philippe est occupé à boire un verre (d’eau). Cela me fait tout bizarre de le doubler !

Excès de confiance ou pas ? Nous passons à ce moment-là devant les meneurs d’allure 3h30. J’ai peur de faire une bêtise : nous sommes bien plus rapides que l’allure « je me contente de faire un RP ».

Dès cet instant, nous assistons à un changement complet de décor : Finis les concerti de clap clap des chaussures, les coureurs qui te marchent dessus : nous voyons beaucoup plus clair à présent, à plusieurs dizaines de mètres devant nous ! (chose qui était impossible dans le peloton des 3h30). Et cela est bien plus agréable !

Du 20e km au  28e s’enchaînent des montées-descentes, plus ou moins raides ; le bouquet final (à comprendre, la montée la plus raide) étant celle du 27e.

Ces montées/descentes nous forcent à faire de nombreuses relances. Ces « montagnes russes » cassent la monotonie des parcours plats. Cela me plait bien. Je ne subis pas les montées. Mes sensations sont toujours très bonnes.

Cela me fait tout drôle d’être dans une allure de sub 3h30. J’ai l’impression d’avoir intégré le monde des coureurs rapides, mais de manière illégitime.  Comme si j’étais une usurpatrice.

Un marathonien nous demande si nous sommes les coureurs du relais car nous allons vite. Ça c’est un super compliment !

Ravito du 31e km : j’aperçois trop tard des Clif Bloks (gommes à machouiller) disposés sur les tables ! Un mal pour un bien finalement, car tel que je me connais, si je les avais vus à temps, j’en aurai gobé 3 par gourmandise au risque de mal les digérer et compromettre ma fin de course.

Depuis le début de la course, je n’ai rien mangé et pas bu une seule goutte d’eau. C’est la 1re fois que je fais ça. Je n’en ressens pas le besoin. J’espère seulement que le fait de ne rien boire ne fera pas apparaître soudainement des crampes.

Ravito du 34e km : pas de Clif bar contrairement à ce qu’indiquait la brochure du marathon ! Petite déception.

Emir me laisse au ravito : « bon courage Carole ! ».

Je ne m’étais pas préparée à ce qu’il « m’abandonne » si soudainement. Je ne lâche rien. Je reste concentrée.

Les pensées m’envahissent : je pense à tous ceux à qui j’ai dit que j’allais tenter un RP, je pense au tirage d’art de Vincent Dogna que je me suis engagée à acheter en cas de RP, je pense à Emir qui sera fier de moi quand je lui annoncerai mon chrono, je repense à toutes ces années pendant lesquelles je rêvais d’un sub 3h30 et je me disais que quand j’aurai atteint ce chrono, je pourrai mourir tranquille…

Je rattrape des coureurs du 5km non chronométré. Ils sont peu nombreux et nous gênent aucunement.

Nous entrons dans la ville de Benerville–sur-Mer. Qui dit « sur-Mer », dit que nous arrivons bientôt à destination !

J’arrive à Deauville, me voici en train de fouler les Planches ! Solène et Nico (qui a fini depuis belle lurette son marathon !) m’encouragent depuis une estrade, puis Josélito à quelques mètres de l’arche d’arrivée.

Je passe la ligne.

Je n’ai pas d’idée précise de mon chrono. Je sais juste que j’ai fait moins de 3h30 car les meneurs de m’ont pas rattrapée.

Je regarde ma montre : 3h23’59’’.

Je n’en reviens pas, ce chrono était inespéré.

L’APRES-COURSE

J’avance, sur mon petit nuage. Gilles m’accueille bras ouvert pour me féliciter. Il m’attendait un peu plus tard, mais aux alentours de 3h30 ! Il croyait en moi, cela me fait chaud au cœur.

Nous prenons quelques photos sur la lice de Robert Pattinson, que je n’affectionne pas particulièrement, mais nous ne faisons pas les fines bouches :p

Emir arrive quelques minutes plus tard. Il finit en 3h28, heureux d’avoir fait ce chrono malgré le fait que sa forme physique ne soit pas des plus optimales.

 

Nous ne nous attardons pas au ravito. Je n’avale rien.

J’aurais bien pris des barres Clif bars au ravito mais il n’y en a déjà plus ! J’aperçois des nombreux cartons vides dans les poubelles. Pour les mériter, il aurait fallu courir encore plus vite !

Nous regagnons le véhicule : je dévore une barre énergétique et un shaker protéiné au lait de châtaignes. Le lait de luxe (+3€/L) que je me donne le droit de boire pour les grandes occasions.

EN CONCLUSION

J’ai passé un excellent week-end. Tout s’est passé fluidement, sans accroc.

La météo était idéale : pas de pluie, températures fraiches.

Le chrono est inespéré. Mon chrono réel est de 3h23’57’’ et je finis 15e féminine/624 4e de ma catégorie !

Pour ce qui est du parcours, mis à part les 2 derniers km, je l’ai trouvé dénué d’intérêt. Moi qui pensais qu’on avait tendance à idéaliser ses marathons de RP, ce n’est pas le cas ici pour moi !

Encore merci à Damien d’avoir eu la gentillesse de me céder son dossard. A Eric l’organisateur d’avoir permis le transfert de dossard (ce qui soulignons-le, est rare sur marathon !) et pour sa réactivité.

 

Premier CR qui n'est pas de moi et c'est un RP qui arrive.....qui sera le prochain à écrire ici, aura-il également un RP? 

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Vincent 23/11/2019 08:07

Bravo pour ton RP et ton récit ! Tu vois... peut-être que manger le matin avant une course ce n'est pas si mal. A bientôt et des bises.

julien 21/11/2019 12:25

Un plaisir de relire une aventure d'Emir et Carole. Bravo pour le RP. Par contre je choisis mes marathon en fonction du paysage, et là d'après Carole, cela ne donne pas trop envie de le faire.

Sylvain 20/11/2019 13:07

Très sympa ce CR, et bravo pour le RP !

Attention, quelques typos dans l'intro (recherchais -> recherchait, sont récit -> son récit).